Les masques plastrons de l’Epoque Romaine. (30 av. J.-C. à 395 ap. J.-C.)
Après la défaite d’Actium et le suicide de Cléopâtre VII, l’Égypte tombe sous la domination romaine. Cependant, la civilisation de l’antique Égypte continue d’exercer sa fascination. Les croyances funéraires promettaient une seconde vie subordonnée à la conservation du corps ; ainsi pour celui qui souhaite être inhumé selon la tradition égyptienne on pratiquera la momification.
L’Epoque Romaine a livré nombre de ces masques plastrons, notamment sur les sites de Touna el-Gebel et Antinoë. Ces artéfacts, posés sur la momie sont modelés en plâtre, sable, argile ou stuc mélangé à de la colle résine et recouverts de pigments polychromes. Leur composition évolue au cours du temps. Pour les plus anciens, le défunt est allongé, tête à l’horizontale en prolongement du corps. A partir du IIe siècle la tête est relevée, évoquant ainsi l’éveil du défunt à la vie. C’est le cas de l’œuvre présente dans notre collection.
D’autres techniques et d’autres supports ont été utilisés durant cette époque pour immortaliser l’image de celui ou de celle qui n’est plus. Evoquons les « Portraits du Fayoum », ainsi nommés parce que les premiers retrouvés provenaient de cette région du Delta. Ces merveilleux portraits étaient exécutés sur panneaux de bois, tout d’abord selon la technique de la peinture à la cire, puis à la détrempe. Citons encore les cartonnages peints ainsi que les linceuls, autant de supports sur lesquels on reproduisait l’image du disparu.
Ces œuvres des premiers siècles de notre ère témoignent de la survivance des croyances funéraires des anciens égyptiens à l’Époque Romaine.
Michèle Juret
Bibliographie :
M.F. Aubert, R. Cortopassi « Portraits de l’Egypte Romaine », Ed. RMN, Paris 1998.
MF Aubert, D. Bénazet, M-H Rutschowscaya. . « Louvre, Les Antiquités Egyptiennes II » Ed. RMN, Paris 1997.